Depuis mon départ j'ai mûri. J'ai traversé des moments assez difficiles et des étapes par lesquelles beaucoup de gens passent. Ces moments sont dus à des prises de conscience inattendues qui sont les réalités et les difficultés de la vie. J'ai pu partagé ces sentiments avec d'autres. Le fait d'avoir consacré beaucoup de temps à la capoeira m'a fait totalement perdre de vue mes principes et a complètement accaparé mon esprit.
La capoeira n'est pas un moyen de régler les problèmes que l'on rencontre quelque soit notre parcours, mais un moyen de les masquer. Et lorsque l'on se rend compte que l'on est plus protégé par cette coquille qu'est la découverte d'un autre art de vie, que l'on sort de toute cette euphorie que sont les rodas, les baptêmes, les stages, les rencontres et même les relations que l'on entretient ou que l'on entretenait avec les gens qu'on considère comme des amis ou des connaissances, et bien je ne vous mentirai pas .... on est totalement perdu. Et là... on est dans le rouge.
Fort de ce constat, j'envisage l'avenir avec beaucoup d'optimisme. Et si la capoeira s'accapare une fois de plus tout mon esprit je laisserai toujours une place pour la conscience, car pour moi l'inconscience est une forme d'immaturité. Il faut garder à l'esprit que tôt ou tard un évènement peut venir bousculer cette immaturité et pour moi cet évènement a été mon départ. Il n'est jamais trop tard pour changer le cours des évènements.
C'est donc pour ça que j'ai décidé, aidé d'un ami, de prendre contact avec Claudio Basilio mon professeur et à ce jour je réintègre le groupe Capoeira Brasil, en compagnie d'Empernado et d'anciens et de nouveaux amis qui me sont chers.
C'est lorsque l'on perd les choses qui nous sont chères que l'on se rend compte de leur valeur.
Boccanegra.